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Cette vie qui n'est pas la mienne...

Publié le par Sylvine GOIRE

Personne n'a rien vu venir... Personne.

Pourtant, ça fait près de 20 ans que tout est en préparation. Inconsciemment, ou consciencieusement enfoui en moi. Je l'attendais ce drame, je le cherchais, je le désirais.

Ce n'est la faute de personne, ou peut-être que c'est la faute de tout le monde, je ne sais pas vraiment. Les événements de ma vie, heureux ou malheureux, ceux de ma famille, ceux de mes amis, ceux de mon entourage, ceux du monde, mes expériences ainsi que celles de mes proches, sont tous responsables.

Je ne cherche pas de responsable à ce qu'il m'est arrivé. Je ne cherche pas à accuser quelqu'un. Je cherche juste à m'expliquer. Certains me comprendront, d'autres non, certains m'en voudront, d'autres accepteront. Ce n'est pas si grave, chacun fait ses choix, désormais je fais les miens en pleine conscience.

Je n'ai jamais su ou était ma place dans ce monde. Je n'ai même jamais su ou était ma place dans ma propre famille. Je n'ai jamais vraiment su qui j'étais, ni ce quelle voulais faire de ma vie, comment je voulais la mener, ni comment je voulais qu'elle se termine. Jamais. J'ai eu des options, des passions, des envies, des désirs, mais jamais de réel but. Pourtant, j'ai essayé tout ce qui s'offrait à moi. Je me suis laissé guider par mon intuition, aussi dépourvue de sens qu'elle puisse être. J'ai écouté les conseils que l'on m'a donnés, j'ai observé les choix et la vie des autres, leurs bonheurs, leurs malheurs, leurs souffrances, leurs réussites et pour certains, leurs pertes. J'ai tout observé.

J'ai un ami qui m'avait dit un jour que lorsque je ne savais pas ou aller, je devais m'asseoir et attendre... observer et attendre... attendre que mon coeur me parle. Et lorsqu'il me parlerait, je devais me lever et foncer. C'est ce que j'ai fait... une bonne vingtaine de fois. Du moins je le croyais.

Je m'aperçois aujourd'hui que je suis toujours assise à attendre, à observer... et ça fait 20 ans maintenant que j'attends assise là, que mon coeur me parle.

Pourtant, j'ai foncé, je n'ai pas arrêté de courir. J'ai couru dans tous les sens croyant enfin avoir trouvé mon chemin. Pas une seule fois j'ai été satisfaite de mes choix. Alors, j'ai fait marche arrière me servant de toutes les excuses que je trouvais pour changer de cap, une nouvelle fois. J'ai accusé les autres, sans cesse. Je les ai rendu responsables de mes déceptions, de mes erreurs, de mes choix. Et ayant fait d'eux des responsables, et de moi une pauvre victime, j'ai tourné les talons et ai pris un nouveau chemin. Je me trompais.

Je suis consciente d'avoir fait de nombreux dégâts, d'avoir fait beaucoup de mal autour de moi. Certains le méritaient peut-être, d'autres, je suis sûre que non. Mais la personne à qui j'ai fait le plus de mal, c'est moi. Je me suis infligée tellement de douleurs, tellement de souffrances, tellement de déceptions que je me demande aujourd'hui comment j'ai pu tenir debout.

Je me suis toujours sentie à l'étroit dans ma vie. Seule, en couple, en famille, avec mes amis. Rien n'était vraiment parfait. "Tu es une insatisfaite" m'a t-on dit. C'était vrai. Rien n'a jamais été assez bien pour moi. Je n'ai trouvé le bonheur nulle part, ni avec personne. Pourtant, ce n'est pas faute aux autres d'avoir essayé. Ma famille, Angel, Damien, Greg, Toutes des personnes d'une incroyable gentillesse, qui m'ont donné tellement d'amour que c'est pitoyable de ma part de ne pas m'en être nourri. Non, bien sûr que non, j'ai préféré prendre les défauts de chacun, les alourdir et m'en servir comme moyen de non bonheur. C'est terrible d'être contre le bonheur à ce point.

La simple idée d'être heureuse me donne envie de vomir. J'ai des crises de paniques énormes et je n'arrive plus à respirer dès que ma vie prend un sens qui pourrait s'apparenter à du bonheur.

Pourtant, la seule chose qui ait un sens dans ma vie, c'est justement de donner du bonheur aux autres. Aider les gens à comprendre qui ils sont, leur permettre de s'en sortir, faire en sorte qu'ils croient au bonheur et les aider à le trouver. J'adore ça.

En revanche, moi... le bonheur m'effraie.

Ma seule fierté, mon seul bonheur, c'est ma fille. Elle est la seule et l'unique. Rien à part elle ne peut m'apporter le bonheur. Je me suis accrochée à elle et j'ai essayé de construire ma vie autours d'elle, ce de bonheur qu'elle me procurait. J'ai pensé que ça suffirait.

Puis, il y a eu Johnny. Tout a été différent avec lui. Un être meurtris. Un être qui, tout autant que moi, ne voyais, ni ne trouvait le bonheur dans sa vie. Un éternel insatisfait. Comme moi.

J'avais trouvé mon point d'ancrage. Enfin, je croyais. J'ai passé près de 4 ans a tenté de le rendre heureux. J'y suis arrivée, il me semble. Mais plus j'y arrivais, plus je me perdais de nouveau. J'avais trouvé l'éternel insatisfait qui me permettait de donner tout ce que je pouvais, ce que j'avais, sans me soucier de mon propre bonheur. Je donnais, sans cesse, j'ai tout fait pour qu'il s'en sorte, pour qu'il aime la vie, qu'il réussisse, qu'il trouve le bon chemin, lui qui était perdu. J'ai réussi, il me semble. Il a enfin trouvé le bon chemin, ill a trouvé un sens à sa vie. Mais moi, qu'aurai-je donc à faire maintenant ? Juste à profiter de ce bonheur ? Juste à être heureuse, avec lui ? Mon dieu, angoisse et panique sont revenues. J'ai perdu pied. Et le drame est arrivé.

Et puis, pour la première fois de ma vie, j'ai eu si mal, si mal. Cette douleur je ne la connaissais pas. Elle était nouvelle pour moi. Jamais je n'avais ressenti ça. Douleur physique bien sûr, douleur morale également, ça je connaissais, mais cette nouvelle douleur ??? étrange et si douloureuse, elle m'était inconnue. J'ai cherché à comprendre qui elle était ? Et pourquoi elle me meurtrissait autant, moi la spécialiste de la souffrance, enfin, je croyais.

Je suis allée en parler à quelqu'un, à un psy, j'ai cherché à comprendre.

Ma question était de savoir pourquoi, alors que j'étais sensée être une victime, anéantie et détruite par un homme odieux, cruel et sans vergogne, je me sentais presque libérée d'un poids. Comme si j'avais enfin atteint le but ultime de ma vie ? Comme si enfin, après une longue observation, je me levais enfin pour avancer, libre.

Elle m'a expliqué. Elle m'a délivrée. La porte s'est enfin ouverte devant moi et j'ai pu la franchir. Je suis en train de la franchir. Et après près de 40 ans, je me suis enfin lestée des poids qui m'empêchaient d'avancer.

Ces poids, ils s'appelaient, passé, père, abandon, violence, violence, violence et violence.

Mais le principal poids, il s'appelait mère. Ma mère, une femme formidable qui a vécu d'horribles drames également. Ma mère, c'est mon point d'ancrage dans ce monde. Le seul et l'unique. Elle m'a protégée d'un père violent et alcoolique, elle m'a élevée, elle m'a aidée, elle s'est battue pour moi, elle m'a amenée à être une femme forte, indépendante et courageuse. Je lui dois probablement toute ma vie.

Ce que je ne savais pas, c'est qu'inconsciemment, l'ayant vu souffrir, se battre, être battue, être abandonnée, menacée, ayant vu sa vie détruite tellement de fois, reconstruite, et redétruite, puis reconstruite... j'ai voulu être elle. J'ai voulu ressentir ce qu'elle avait ressenti. Je me suis identifiée. Comme une petite fille qui s'identifie à sa mère par fierté, j'en est fait autant. J'ai voulu qu'elle voit que j'étais comme elle, forte et indépendante. Et que malgré les souffrances et les malheurs de ma vie, je résistais aussi bien qu'elle. Sauf que moi les souffrances, je les ai pour la plupart provoquées. Ce drame, tout juste arrivé avec Johnny, je l'ai provoqué. Jusqu'ici, j'ai toujours provoqué les hommes pour qu'il m'emmènent à ce point ultime... J'ai toujours été la femme gentille, amoureuse, et irréprochable mais l'envers du décors montrait que j'étais impulsive, violente et que je recherchais inconsciemment la souffrance jusqu'à atteindre, tout comme ma mère, l'extrême.

Cet extrême vient de me libérer. J'ai été elle, j'ai souffert, j'ai été meurtris, je peux enfin suivre ma voix.

La reconstruction sera difficile, certains ne comprendront pas, certains m'en voudront, certains me haïront, certains ne voudront rien entendre, mais ce n'est pas grave, moi je sais désormais.

Je demande pardon à tous... à ma famille pour ces tracas, à mon frère qui est un frère exemplaire et protecteur, à ma mère qui a souffert pour moi, à ma fille qui a dû endurer toutes ces perturbations, et à Johnny, qui finalement, n'y est pas pour grand chose, si ce n'est d'avoir participer à ma libération, malgré lui. Je ne lui en veux pas. Je n'en veux à personne, je me sens tellement légère maintenant. Je veux juste reconstruire ma vie, à ma façon, peu importe que mes choix plaisent ou déplaisent, ça n'a pas d'importance. Je sais désormais qui je suis, j'ai trouvé ma place. Je ne suis pas ma mère. Et en ce qui concerne mon père, cet être violent, alcoolique, odieux et sans vergogne, je ne lui accorde aucun pardon parce que finalement le responsable, c'est bel et bien lui... et la vie, tout comme la mort se sont gentiment chargées de lui.

Tu n'as plus à t'inquiéter maman... plus personne ne nous fera de mal.

Sylvine

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Denise DESJARDINS... une femme qu'il faut lire.

Publié le par Sylvine GOIRE

Denise DESJARDINS... une femme qu'il faut lire.

Je découvre Denise DESJARDINS un peu tard et je le regrette, elle vient de nous quitter le 17 mars dernier.

Je parcours l'article que lui consacre le magazine Psychologies du mois de mai 2016 et ai la sensation de rencontrer une âme soeur spirituelle.

http://www.psychologies.com/Culture/Savoirs/Philosophie/Interviews/Denise-Desjardins-Accepter-n-est-pas-se-resigner

Ses mots me collent à la peau. Elle semble détenir la solution à tous mes maux, la réponse à toutes mes questions, elle m'apparait comme une évidence : l'évidente rencontre de ma vie.

Tenez par exemple cet extrait de Psychologies d'avril 2012 :

"Depuis le début de ma vie, j’aspire à être centrée, stable et paisible, ce qui nécessite une grande détente et une grande acceptation : je m’efforce donc d’éliminer les complexités intérieures, les grosses émotions récurrentes, les petits désirs, pour approcher une sorte de vide qui n’a rien à voir avec le néant. Un sentiment d’unité, de profondeur et de vérité. J’ai eu une vie riche, mais aussi douloureuse. J’ai beaucoup pleuré ; je crois que j’ai épuisé mon quota. Ça ne m’empêche pas d’avoir le cœur ouvert. Mais à la place des larmes sourd en moi une grande énergie."

http://www.psychologies.com/Bien-etre/Prevention/Hygiene-de-vie/Articles-et-Dossiers/Mes-secrets-de-longevite/4Denise-Desjardins

Rares sont les auteurs ou les personnalités qui, au bout de quelques lignes seulement, me subjuguent avec autant de férocité. J'ai envie de dévorer tous ses mots et d'ailleurs, je me mets en quête immédiatement de ce qu'elle a écrit.

A suivre, bien évidemment.

Sylvine.

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Mon ambiguïté ou celle des autres ?

Publié le par Sylvine GOIRE

Mon ambiguïté ou celle des autres ?

« Nous vivons une époque dangereuse et je sais avec quelle facilité les perceptions peuvent être déformées par un seul mot glissé dans la mauvaise oreille. »

Paul Auster Dans le scriptorium.

Tout est dit !

A elle seule, cette citation de Paul Auster résume ce que je pense de l’ambiguïté.

Bon sang, comme il est compliqué d’essayer de parler ou d’écrire convenablement le français dans un pays où les réformes prônent la facilité de l'apprentissage de sa langue !

Certes, il s’agit d’un autre débat dans lequel je ne rentrerai pas ici…

Mais tout de même, je me sens désespéramment seule dans cet univers où à chaque fois que j’écris convenablement, on m’accuse d’ambiguïté et on me qualifie de « personne compliquée » voire de « trop littéraire ».

Avouez, c’est navrant !

Ou peut-être devrais-je dire, c’est flippant !

Ouais, bah c’est vraiment flippant !

Ou alors, c’est moi ? Ma notion de « convenablement » n’est pas appropriée. J’entends par là : écrire et parler en respectant les règles d’orthographe, de grammaire, de syntaxe et surtout de sémantique, etc.

Oh la la, attention, je viens de dire un gros mot…

Qu’est-ce que la sémantique ? Gros mot, grosse réponse…

Euh, sémantique lexicale ou sémantique grammaticale ?

Aie, trop tard, je viens de perdre mon auditoire.

Alors, à votre avis, je suis ambiguë ?

Et puis d’abord, ça veut dire quoi AMBIGUË ? Péjorative ? Enigmatique ?

Dont le sens et l’interprétation sont incertains.

Qui laisse volontairement planer le doute.

Dont le caractère, la conduite sont complexes et se laissent malaisément définir.

Voici le lien qui explique tout. Mais attention âme fragile, s’abstenir. Grosse migraine en vue.

http://www.cnrtl.fr/definition/Ambigu

Du coup, comment je fais moi pour m’exprimer sans que cela ne devienne un véritable parcours du combattant ? Je donne l’étymologie de chaque mot que j’utilise, ses différents sens, ses contre-sens, synonymes et faux-amis ? J’utilise des métaphores, des images, des schémas ?

Et bien NON, je reste ambiguë ! Mais ambiguë comment ?

Ambiguë comme « Ouh la la, tu veux pas le reconnaitre mais en fait, tu me kiffes en secret (!!! ??? @&$ *#)" ?

ou ambiguë comme « Non, je ne te kiffe pas du tout, juste que tu ne comprends pas le vrai sens des mots, ni leur utilisation et encore moins leur subtilité » ?

Mais en vrai c’est ambiguë comme « Achète un dictionnaire et regarde le sens propre et le sens figuré des mots avant de les interpréter de la mauvaise façon ou dans le mauvais contexte, et surtout, ne me parle pas d'AMBIGUITE sans connaitre la vaste étendue de ses significations et de ses nombreuses possibilités d'utilisation »…

Oups, pardon, je suis trop compliquée là !

Et MERDE, c'est pas trop compliqué ?

Sylvine

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Je suis une Martin et je rêve d'un Eden...

Publié le par Sylvine GOIRE

Je suis une Martin et je rêve d'un Eden...

"Je veux respirer cet air là, moi aussi, vivre au milieu des livres, des tableaux, des belles choses, avec des gens qui parlent à voix basse, qui sont propres, qui ont des pensées propres."

Martin Eden Jack LONDON

​Mon premier Jack LONDON, Martin Eden...

Comment ne pas succomber sous cette lecture ?

Comment ne pas succomber sous des mots si délicatement choisis qui expriment avec une perfection bouleversante la cruelle réalité de ce monde ?

Comment se persuader que ces mêmes mots qui ont été "posés" sur le papier par l'auteur en 1909 puissent, aujourd'hui encore, avoir un impact aussi profond sur les lecteurs ?

Ce "royal pavé" qui, page après page, donne toujours plus à penser, à s'étonner, à se délecter, à se questionner, à s'instruire également,voire même parfois à se dégouter, est une véritable gourmandise pour les boulimiques fans de littérature et de mots qui forgent l'intellect.

Attention cela dit à l'effet qui s'ensuit...

De probables remises en question, un dégout certain et une fin dévastatrice.

Lecteurs fragiles, s'abstenir...

​"Toutes les splendeurs qu'il avait contenues pendant des années dans un mutisme forcé jaillissaient à présent avec la force d'un torrent".

Sylvine

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Sans elle...

Publié le par Sylvine GOIRE

Sans elle...

C’est fini, je l’ai perdue…

Il y a une seconde encore, je la tenais tout contre moi, elle me passionnait, me fascinait me transportait et puis soudain, plus rien… le chaos, l’abandon, la fuite. Elle me quitte et voilà que je me sens dépouillé, vide, nu.

Je ne comprends pas.

Moi qui l’ai tant cherchée, tant espérée, tant voulue, je l’ai idolâtrée même et parfois, la sentant s’évaporer, je l’ai suppliée de m’accorder une dernière chance, lui promettant de la chérir encore et de ne jamais plus la décevoir.

J’ai tenu ma promesse. Enfin, je crois !

Il faut dire qu’elle est capricieuse, qu’elle sait se faire désirer et qu’elle aime jouer avec mes nerfs. Mais, je ne peux pas la blâmer, elle sait qu’elle m’est essentielle. Comment pourrais-je exister sans elle à mes côtés ? Et ça, elle l’a compris la sauvageonne et elle s’en réjouit cruellement.

Fréquemment, et de plus en plus souvent, il lui arrive de disparaître, elle se détourne de moi et me fait languir longtemps, longtemps... avant de revenir, cherchant malicieusement à me faire peur. Elle sait que je ne peux pas me permettre de la perdre, sans elle je ne suis plus.

Il faut sans cesse que je la choie la coquine, elle aime être dorlotée. Souvent je l’imagine telle une chatte qui courbe le dos quand on la caresse, ronronnant sous ma main qui se fait douce et cherchant avec ardeur le contact de ma peau. Mais attention à ne pas la brusquer, un coup de patte est vite arrivé et là, catastrophe, elle se vexe et s’enfuit pour se cacher. Combien de fois m’y suis-je risqué ? Combien de fois ai-je imploré son indulgence pour un geste maladroit, précipité, qui m’aura valu quelques longues journées sans elle ? Sa susceptibilité est fragile et je l’ai appris à mes dépens.

N’allez pas croire que c’est un monstre, ma merveilleuse. Bien au contraire, elle m’a rendu meilleur et fait de moi ce que je suis. Elle m’a permis d’évoluer, de grandir, d’être quelqu’un. Aujourd’hui, grâce à elle, j’ai foi en moi et j’avance. D’ailleurs, sans elle, je ne pourrais pas vous raconter.

Elle me guide, me permet de voir plus loin, plus grand, elle m’oblige à oser, à entreprendre, à rêver, à créer. Elle déclenche en moi des passions cachées et inavouées qui embrasent mes joues, une sorte d’ivresse vorace que je ne pourrais définir. Elle me stupéfait, m’illumine, m’extasie, me dévoile. Elle est animée par tant d'émois, de lucidité et s’impose à moi avec une telle évidence, une telle énergie et une telle clarté que je ne peux lui résister. Impuissant, je m’incline devant elle et l’accueille chaque fois avec plus de véhémence. Elle est la flamme qui ravive mes ardeurs, la lumière qui guide mon esprit égaré par des années de dérive dans la pénombre.

Sans elle je suis un misérable, un homme démuni, dépouillé, vide de sens, un homme privé de tout enthousiasme, de tout génie, un être sans importance, sans éclat, sans reflet, un homme éteint, invisible.

Vous comprendrez donc la peur, que dis-je, l’effroi qui s’empare de moi à chaque seconde à l’idée de la voir s’en aller. Moi, d’habitude si fier, si étranger à l’attachement, si libre, amoureux fou de l’indépendance et ennemi des grandes passions qui meurtrissent le cœur des hommes.

J’ai honte ! Je l’avoue, je suis dépendant d’elle, à en crever.

Quel cruel dilemme ! Je rougis de ce qu’elle fait de moi et pourtant je dénigre ce que je suis sans elle…

Qu’auriez-vous fait à ma place ? Comme moi vous l’auriez adorée, vénérée.

Comme moi, vous vous seriez soumis, n’en doutez point !

Imaginez-là maîtresse… Quelle extraordinaire maîtresse !

Je ferme les yeux et je la vois, mystérieuse et raffinée, ondulant son corps de déesse à demi nu, bordé d’un déshabillé à peine visible… ses seins que l’on imagine fermes et dressés, dissimulés sous un voile soyeux dont la transparence ne laisse aucun doute quant à la délicatesse de sa peau qu’il cache partiellement. Telle une émanation vaporeuse, elle avance, entrainant dans chacun de ses mouvements une sensualité à couper le souffle. L’ambiance se fait lourde, pesante, chargée d’une puissante énergie infernale, diabolique et ravageuse. Je tremble, j’exhale, je m'embrase.

Elle me dévore de ses yeux félins, faisant de moi sa proie. Mon souffle s’accélère, une fièvre ardente s’empare de ma chair et me consume à chacun de ses pas. Mon œil s'aiguise davantage, saisissant avec avidité chaque détail de mon audacieuse traqueuse qui se fait de plus en plus offensive.

Rrrr, comme elle est belle ! Comme elle me rend fou !

Je sens qu’elle veut jouer. Je sens qu’elle veut se délecter de mon évidente faiblesse pour elle. Elle m’attire, me captive, m’ensorcelle. Je suis corrompu, ravagé ! Son délicieux parfum me submerge au fur et à mesure qu’elle s’approche de moi. Je voudrais la croquer, mordre à pleines dents cette chair qui me défie, tel un fruit juteux qu’on prend plaisir à savourer goulûment…

Hum ! Elle est exquise…

Mais je ne bouge pas ! Je sais qu’il ne faut pas que je bouge au risque de la contrarier et de la voir s’envoler. Elle est de celles qui aiment contrôler, c’est une meneuse. Alors, tel un puceau qui s’apprête à goûter aux plaisirs défendus pour la première fois, je la laisse manœuvrer mon désir, tout en me régalant de sa splendeur, de la finesse de ses formes et de la perfection de ses gestes lorsqu’elle se pose en moi, féline et guerrière.

Ah ! Ma tigresse, comme il est bon de te sentir en moi…

Sans résistance aucune, je m’abandonne à elle. Alors que lentement la jouissance s’installe en moi, ses mains se font griffes, ses cheveux deviennent crinière, sa bouche devient gueule… la belle se transforme en bête et je perçois dans son regard sa soif de me posséder.

L’excitation prend possession de tous mes sens… Je perds le contrôle de ma raison, ma dépendance est à son comble… je veux respirer sa peau, gouter ses lèvres, caresser son ventre, ses cuisses, empoigner ses fesses, inonder son cou de baisers, dévorer ses seins, l’étreindre contre mon sexe, je veux qu’elle sente la violence de mon appétence en elle, je veux l’entendre rugir de plaisir, je veux qu’elle me supplie avec des « encore, encore, encore… ». Je veux qu’elle m’appartienne, qu’elle soit mienne, pour toujours !

J’en mourrai tellement je la veux, je la veux…

Enfin, je la voudrais… parce qu’avec elle, ce n’est pas moi qui décide. Avec elle, je subis.

Pff ! Pure désolation, infâme affliction ! Je sais, c’est pathétique.

C’est vrai, parfois j’aimerais pouvoir décider… décider de la voir, décider qu’elle soit à moi, en moi, qu’elle soit docile et contrôlable, j’aimerais qu’elle me laisse la dominer, être son maître…

Oh oui, comme ce serait plaisant, d’une jouissance rarissime.

Malheureusement les choses sont différentes avec elle. Depuis qu’elle est entrée dans ma vie, je ne cesse de l’attendre. Va-t-elle se montrer aujourd’hui ? Va-t-elle rester ? Sera-t-elle là demain, et après-demain, et dans un an ?

Je la sais tellement fugace, tellement étrangère à toute forme d’attachement, tellement frivole, que je ne peux rien prévoir. Je ne peux que l’inciter.

C’est difficile d’être dépendant d’elle… et j’en souffre. Elle finira par m’anéantir, c’est certain, j’en suis conscient.

Évidemment qu’il m’est arrivé de me révolter, vous imaginez bien ! Un jour, j’en ai eu marre d’elle… Mais vraiment marre ! Ses va-et-vient perpétuels m'irritaient, m’affligeaient même. Je me suis mis à mépriser son manque d’empathie, de reconnaissance, d’estime pour moi, pour nous, pour tout ce que je faisais d’elle, avec elle. Mince alors ! Nous sommes une équipe, une unité, un tout… Nous avons fait de brillantes choses ensemble. Notre lien est unique, précieux. Comment pouvait-elle me désavouer à ce point ? Non, pour autant que je m’en souvienne, je l’ai maudite, détestée, rejetée. J’ai essayé de vivre sans elle, de changer de cap, de suivre un nouvel horizon, je me suis essayé à d’autres muses…

Et puis non, rien à faire, c’est elle… je l’ai dans la peau cette ingrate !

Quand elle se fait mienne, elle m’apporte tant de bonheur, de réjouissances et de fascination que je ne peux me résoudre à vivre sans elle. Rendez-vous compte, elle me sublime !

Ai-je d’autres choix que d’espérer ? Vous voyez bien que non ! Alors j’espère…

Chaque matin, lorsque je me lève, je pense à elle… et aujourd’hui, vais-je la voir ?

Et puis de plus en plus, lorsqu’elle me laisse seul devant cette page blanche, sans faire la moindre apparition, transi d’effroi à l’idée de la perdre définitivement, je me surprends à pleurer. Oui, je pleure… parce que sans elle, je l’avoue, je ne suis qu’un auteur sans inspiration.

Sylvine GOIRE

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Etc. et ainsi de suite.

Publié le par Sylvine GOIRE

Etc. et ainsi de suite.

Ma fille de 12 ans m'interpelle outragée en vociférant, telle une victoire personnelle sur son professeur de français, que cette dernière est NULLE.

- Regarde, me dit-t-elle, elle a écrit etc...

- Tu vois, rajoute-t-elle, je te l'avais bien dit, elle est vraiment TROP NULLE.

Certes, je sais pertinemment que ma fille vient de trouver l'EXCUSE DU SIECLE pour justifier le fait que, de temps en temps , il peut lui arriver d'avoir de mauvaises notes en français. Et quand je dis "mauvaise note", il faut entendre un 12/20, ce qui, clairement, n'est pas dramatique. Mais bon, je dois reconnaitre que sur ce coup-là, elle n'a pas tort.

Un bon professeur de français, surtout au collège, devrait savoir écrire ET CETERA (locution latine signifiant "et ainsi de suite") et mieux encore, devrait pouvoir l'abréger sans commettre de faute à savoir comme cela ETC. ou éventuellement "..." mais certainement pas comme ceci ETC...

Oh, mais quel vilain pléonasme !

​Cela dit, je constate avec une certaine fierté, telle une conquérante, que ma fille a retenu une de mes nombreuses "prises de tête" (comprenez par là "leçons") d'orthographe et de grammaire que je lui inflige sans relâche, marâtre que je suis. OUF, ça fera toujours une de retenue !

En revanche, le professeur de français aurait bien besoin d'une jolie petite "prise de tête".

D'ailleurs ma fille de demande si elle peut dire à son professeur qu'elle se trompe.

- Euh, non, chérie, tu risques de la vexer, puis de la fâcher, et ainsi de suite. Etc. quoi !

- Mince, rétorque-t-elle, ça m'aurait fait tellement plaisir.

Sylvine.

Merci Chloé pour cette inspiration du moment.

http://www.langue-fr.net/Etc-et-caetera

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Ces écrivains qui sont bêtes...

Publié le par Sylvine GOIRE

Ces écrivains qui sont bêtes...

De Nietzsche à Montaigne, en passant par Alexandre Dumas, Céline, Colette, Jean Cocteau et bien d'autres, le magazine LIRE de ce mois-ci, nous comble de bestialité.

A travers quelques articles rehaussés par de jolies photos, le magazine nous dévoile ces écrivains férus de bêtes -et surement pas de bêtise- qui ont su faire de leurs animaux une véritable passion, voire une réelle inspiration et même parfois des personnages principaux de leurs écrits.

Mon préféré reste Nietzsche, dont l'histoire tragique qui le relie à ce cheval battu est particulièrement bouleversante. Vous la retrouverez sous ce lien ci-dessous :

http://philitt.fr/2013/12/08/nietzsche-lit-dostoievski-et-devient-fou/

Moi qui suis particulièrement touchée par la condition mi fragile mi solide des animaux, et qui leur accorde une place presque prédominante dans ma vie, je ne peux que jubiler de trouver dans ce monde littéraire qui me fascine, autant de similitudes avec ces écrivains qui me fascinent tout autant.

Afin de partager davantage cette séduisante proximité littéraire, il me faut nécessairement faire l'acquisition de ces nouvelles lectures bestiales qui ne manqueront pas de rejoindre la longue liste des livres que je dois LIRE IMPERATIVEMENT.

Merci au Magazine LIRE de venir ajouter de telles oeuvres à ma librairie personnelle déjà bien fournie.

Sylvine

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En attendant Bojangles... un délice.

Publié le par Sylvine GOIRE

En attendant Bojangles... un délice.

Voilà un livre qui n'a pas manqué de faire l'unanimité de mes sens de lectrice... la passion, l'amour, l'humour, le style, l'inattendu, l'hardiesse, et bien d'autres encore.

Non, réellement, ce petit roman d'apparence cocasse se révèle être un véritable puits de bonheur. Chaque page me décroche un sourire, un souvenir d'enfance, une certaine nostalgie joyeuse qui me fait l'effet d'un anxiolytique. J'adoooore !

Mon coup de coeur du moment.

Je le conseille vivement.

Merci Olivier Bourdeaut pour ces instants de plaisir, un vrai délice.

http://www.finitude.fr/index.php/livre/en-attendant-bojangles-2/

http://www.parismatch.com/Culture/Livres/En-attendant-Bojangles-folie-curieuse-947041

Sylvine.

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Le massacre de la langue française

Publié le par Sylvine GOIRE

Le massacre de la langue française

Pour tous les amoureux de la langue française qui souhaitent, comme moi, entrer en résistance contre les nombreux "crimes linguistiques" commis à tout bout de champ, voici une lecture qui vous rendra certes heureux de constater que vous n'êtes pas seuls, mais qui, inévitablement, vous plongera dans une stupeur déconcertante...

Attention, ça brule la langue...

Pour vous mettre en appétit, je vous livre mes préférés sur le massacre de la syntaxe :

"J'ai donné ce matin la liste des substances qui seront mis désormais sous contrôle."

Ségolène Royal lors de la séance de questions au gouvernement du 29 avril 2014...

"La réforme que nous avons faite voter avec monsieur Fillon."

Nicolas Sarkosy, interview télévisée du 27 octobre 2011.

"Une difficulté dans lequel on se débat aujourd'hui."

Jean-François Copé sur France 2, dans Des Paroles et des actes du 17 novembre 2011.

Vous en trouverez pleins d'autres ici :

http://www.lepoint.fr/societe/arretons-le-massacre-de-la-langue-francaise-24-09-2014-1865959_23.php

Bonne lecture... ou pas.

Sylvine

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Prière de l'Instant Présent...

Publié le par Sylvine GOIRE

Voltaire, Traité sur la Tolérance
Voltaire, Traité sur la Tolérance

A lire, à relire... et à méditer... encore et toujours.

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